Se culpabiliser pour chaque pause

  • Jan 9, 2026

Ralentir sans culpabilité

  • Dina Ravelo

De la survie à la vie à pleins poumons Il était une fois, un matin, un réveil difficile. J'ai compris qu'il y a des fatigues que le sommeil ne répare pas. Des fatigues qui ne viennent pas de la soirée de fête du lendemain soir, ni de la semaine de travail très chargée, mais du fait que je ne me suis jamais autorisée à lâcher la grappe. Quand on a traversé des tempêtes, des croyances s'installent profondément en nous : "Il faut être forte, ma belle." "Je n'ai pas le droit de lâcher, pas après tout." "S'arrêter, c'est dangereux.

De la survie à la vie à pleins poumons

Il était une fois, un matin, un réveil difficile. J'ai compris qu'il y a des fatigues que le sommeil ne répare pas. Des fatigues qui ne viennent pas de la soirée de fête de la veille au soir, ni de la semaine de travail très chargée, mais du fait que je ne me suis jamais autorisée à lâcher la grappe.

Quand on a traversé des tempêtes, des croyances s'installent profondément en nous :
"Il faut être forte, ma belle."
"Je n'ai pas le droit de lâcher, pas après tout."
"S'arrêter, c'est dangereux.

Je me rappelle encore ces jours et nuits où il fallait juste avancer, même fatiguée. On s'accroche ! Continuer même quand j'étais à bout, même quand mon corps murmurait déjà qu'il n'en pouvait plus. "Tiens bon, ma belle" est une phrase très connue chez moi.


La culpabilité

Mettre 40 ans avant de comprendre réellement que la peur de ralentir n'est pas un pur hasard. Un peu moins, pour réaliser qu'on a peur de ralentir. La culpabilité qui surgit quand on envisage une pause n'est pas un défaut de caractère. C'est une mémoire de survie.

À une époque de la vie, il fallait travailler dur pour atteindre un objectif. De manière visible ou imaginaire, ce fut la petite lumière au bout du tunnel : si j'y arrive, je serai enfin libre. Ce genre d'expérience, on l'aura vécu et revécu à plusieurs reprises. Il fallait ainsi tenir, s'adapter, rester vigilante, anticiper, contrôler, lutter, se battre... Dans mon parcours, cela a commencé par étudier dur pour avoir de bonnes notes et ne pas ainsi recevoir des coups ou encore travailler dur pour avoir ce diplôme qui me rendra ma liberté. Avec le temps, on oublie parce que l'objectif était atteint ou tout simplement parce que le temps a passé par-dessus.

Mais notre système nerveux, lui, n'oublie pas. Il a appris que le mouvement constant était une protection, c'était le salut. Il a appris que l'action empêchait l'effondrement. Il a appris que le repos était un luxe... voire un danger. Alors aujourd'hui, ne soyez pas étonnées si quelque s'agite à l'intérieur de vous quand vous vous arrêtez :

  • une sensation de gêne

  • une pression dans la poitrine

  • une agitation mentale

  • une petite voix qui dit : "Tu ne peux pas rester comme ça ! Tu devrais faire quelque chose."

Rassurez-vous, vous n'êtes pas paresseuse. C'est un mécanisme qui essaie de vous garder en sécurité.


Quand la fatigue boude toute la place

La fatigue de l'hypervigilance est particulière. Parce que ce n'est pas seulement votre corps qui est fatigué. C'est bien plus. C'est le système tout entier. Tout était d'un effort soutenu dans le temps et dans son intensité :

  • Tenir émotionnellement

  • Surveiller vos propres réactions, s'ajuster...

  • Contrôler ce qui pourrait ressurgir

  • Rester fonctionnelle quoiqu'il arrive

Cette fatigue-là vient du fait de vivre en état d'alerte permanent, même quand le danger n'est plus là. Tant que le corps n'a pas reçu un message clair de sécurité, il continue de mobiliser toutes ses ressources.


Ralentir ne signifie pas abandonner

C'est toujours très facile à dire et à entendre qu'à intégrer : Ralentir ne veut pas dire baisser les bras. Je ne suis même pas sure que l'on sait réellement en quoi il se traduit dans la pratique de la vie.

Une chose que je vous invite à expérimenter si vous êtes parvenue jusqu'à cette ligne dans votre lecture (Bravo, d'ailleurs, pour cela !), c'est de dire à la part de vous qui a survécu :

Merci. Tu as fait de ton mieux.
Nous sommes en sécurité, maintenant.
Tu peux relâcher un peu.
Je t'aime.

Ralentir crée un espace entre deux pensées, entre deux souvenirs, entre deux alertes du corps. Dans cet espace, quelque chose de fondamental peut émerger : la sensation que TU ES.


Ta valeur ne dépend pas de ton endurance

Tous mes respects aux athlètes de haut niveau, que j'admire beaucoup. Mais pour vous, pour moi, la vraie vie n'est pas un marathon. Notre valeur n'est pas dans notre capacité à encaisser, ni dans le fait de toujours avancer coûte que coûte.

Votre valeur est déjà là, dans votre souffle, dans votre simple présence, dans votre vulnérabilité même.

Ralentir, c'est commencer à entendre votre propre voix sous le bruit de toutes les peurs qui vous ont hanté. C'est permettre au corps de sortir, petit à petit, de l'état d'urgence qu'il connaît depuis longtemps.

Ça commence par une respiration consciente, le premier pas pour passer de la survie... à la vie, la vôtre.


Et si aujourd'hui, vous n'essayez pas de "faire mieux" ?
Et si aujourd'hui, vous ne cherchez pas à vous dépasser ?
Juste prendre trois respirations : sans but, sans performance, sans attente.
Sentir l'air entrer et habiter votre corps.
Sentir l'air sortir et libérer vos tensions.
Vous rappelez que, dans cet instant simple, vous n'avez rien à mériter.
Vous avez déjà le droit d'être là, d'être qui vous êtes, sans plus ni moins.

Bravo et merci 🙏


Signé par Dina


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